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Tarte au citron et au cornichon : au Japon, les supérettes misent sur l’IA pour inventer de nouvelles saveurs
19 octobre 2026 · Christian

Shingo Shiina, 64 ans, architecte à la retraite, mord dans une tarte au citron. Au bout de quelques secondes, son visage se détend : sous l’acidité attendue, une saveur de cornichon s’installe. « Jamais un humain n’aurait osé », confie-t-il, avant d’ajouter que le résultat est, contre toute attente, très réussi.
Cette tarte improbable est vendue depuis septembre dans les Lawson de Tokyo et des environs, l’une des plus grandes chaînes de supérettes du Japon. Elle fait partie d’un trio de produits conçus avec l’aide d’une intelligence artificielle, à qui les équipes ont volontairement caché les données de ventes passées. L’objectif : éviter que l’algorithme ne recycle des combinaisons déjà connues, et le pousser vers des associations qu’aucun pâtissier n’aurait proposées de son propre chef. Les idées brutes passent ensuite entre les mains de développeurs humains, chargés de les goûter et d’ajuster les recettes : l’acidité du citron, en l’occurrence, a demandé plusieurs essais. Vendue 270 yens, soit environ 1,65 euro, la tarte est distribuée dans près de 4 700 magasins.
Chez FamilyMart, principal concurrent de Lawson, la logique est inversée. L’enseigne nourrit son IA avec l’historique des ventes, pour obtenir des nouveautés qui restent vendables : un canelé à la pâte de patate douce nappé de sauce caramel en est le dernier exemple. En juillet, elle avait déjà tenté l’expérience avec un sandwich biscuité fourré à une crème au lait épaisse, sa toute première incursion dans ce genre de recette assistée par ordinateur.
Aucune des deux enseignes ne communique de chiffres de ventes précis. Mais le signal est là : dans un rayon de supérette japonaise, renouvelé chaque semaine, l’intelligence artificielle s’impose comme un outil de brainstorming parmi d’autres, à charge pour des mains humaines de transformer l’idée saugrenue en encas que l’on a vraiment envie de reprendre.